Bertien van Manen, Jane Evelyn Atwood, Emi Anrakuji, Edouard Boubat, Eva Rubinstein, Stéphane Duroy, Nobuyoshi Araki

Intimités

06 novembre - 10 janvier 2015

Easter and Oak Trees | Bertien van Manen | 1980

Le sauna de la prison, colonie de travail pour délinquants juvéniles | Jane Evelyn Atwood | 1990

Sakeme, untitled 18A | Emi Anrakuji | 2009

Lella, Concarneau | Edouard Boubat | 1947

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Jane standing, Minneapolis | Eva Rubinstein | 1977

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Coney Island, Brooklyn, New York | Stéphane Duroy | 1991

Sentimental Journey | Nobuyoshi Araki | 1971

Intimités

Dans le cadre du Mois de la Photographie à Paris, in camera présente “ INTIMITÉS” une exposition collective regroupant sept artistes de la galerie: Emi Anrakuji, Nobuyoshi Araki, Jane Evelyn Atwood, Édouard Boubat, Stéphane Duroy, Bertien van Manen, Eva Rubinstein.

Emi Anrakuji réalise des autoportraits et se met en scène dans différentes séries. Son thème de prédilection est l’étude de la femme japonaise dans une société dominée par les hommes. CHASM est une série d’images fascinantes, mêlant sensualité et sentiment de l’étrange. Emi Anrakuji se photographie dans des actions prosaïques: elle se lave les cheveux, se déshabille, examine son corps. On l’aperçoit à travers une étroite ouverture dans le noir comme dans une rêverie lyrique. Anrakuji ne se laisse jamais aller à l’hédonisme exhibitionniste. Elle crée un langage corporel sophistiqué pour montrer la beauté envoutante de l’impur et du banni.

De Nobuyoshi Araki nous montrons quelques tirages du voyage sentimental. En 1971, Araki épouse Yoko Aoki et publie à ses frais « sentimental journey » qui comprend 108 photographies et raconte l’intimité du couple lors de son voyage de noces. À l’époque, cela heurte les sensibilités nippones, habituées à la discrétion et à la retenue. La photographie de Yoko endormie en position foetale dans une barque a fait le tour du monde.

Dans chaque reportage de Jane Evelyn Atwood, des histoires particulières, singulières et imprévues surgissent : elles résultent de son extraordinaire capacité à installer une forme d’intimité qui libère la parole et le geste. Nous avons choisi de présenter des photographies de “ Trop de peines. Femmes en prison ” (prix Paris- Match, 1990 et prix Oscar Barnack, 1997), travail monumental de dix années, exposé et publié dans le monde entier, qui constitue à ce jour la plus grande référence photographique quant à la connaissance des réalités et des spécificités de l’univers carcéral des femmes.

En 1947, Édouard Boubat a 24 ans, il rencontre Lella et en tombe amoureux. Elle deviendra sa muse. Ce sont quelques portraits de Lella que nous exposons. Lella y impose sa jeunesse, sa beauté, sa force et sa quiétude.

Quelques moments intimes et précieux de la vie, saisis avec une certaine gravité par Stéphane Duroy sont aussi exposés: Une femme se maquillant, un enfant d’un an photographié de dos et découvrant New York, un mineur nu tout juste sorti de la mine buvant son thé…

Nous présentons aussi des tirages de Bertien van Manen extraits de son livre“ Easter and Oak Trees ”, Mack Editions, 2013. Ces photographies prises dans les années 1970 en Hollande, dévoilent les jours heureux des vacances passées en famille.
Les enfants posent, jouent et courent, mais ce que montrent ces photographies, c’est une légèreté et le plaisir évident de partager la chaleur familiale, sans tabou, face à la caméra.

Quelques nus d’ Eva Rubinstein pris dans les années 1970 aux Etats-Unis complèteront cette exposition.

“ Comme une peau collée sur une autre, un gant retourné, scruté de l’intérieur. Une chambre œil. Ainsi l’intime possède la photographie, à moins que ce ne soit le contraire. Comme le voyage de noces d’un Tokyoïte, un train, une chambre, le lit, les draps où il prend sa femme, en photo, et lorsque cette femme est emportée par la mort bien plus tard, comme il fait un flash-back. Comme le regard droit d’une femme qui entre dans les prisons et dans la vie des femmes rebelles. Cette autre femme qui met son homme et son jeune fils à terre, pour les saisir dans un geste où viennent en lumière les écritures de leurs corps et de leur désirs. Comme Lella et Édouard, amants, artiste et modèle, si beaux, resplendissant l’un sur l’autre, et dont les traits fendent tout, la photographie, le visage, oui tout. Ou encore une femme cachant sa poitrine pour montrer sa nudité. Et cet ouvrier nu à peine sorti de la mine, le visage noir de charbon, ou cette femme se maquillant dans une chambre d’hôtel, crayon noir, cerne, et les poussières de l’histoire.

Emi Anrakuji, Nobuyoshi Araki, Jane Evelyn Atwood, Édouard Boubat, Stéphane Duroy, Bertien van Manen et Eva Rubinstein explorant l’intimité, “l’en-cage de l’être”, où la photo est vertigineusement experte, et si duelle, comme une peau sur une autre peau, retenues l’une dans l’autre, intimités ou extimités, écartelées, radieuses.”


Zaha Redman

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