Alexandra Catiere

01 octobre - 21 novembre 2026

Alexandra Catiere, Frêne, 2025

Alexandra Catiere, Grappe de raisin, 2025

Alexandra Catiere, Assiette aux girolles, 2025

Alexandra Catiere, Colombe, Napoli, 2015

Alexandra Catiere, Figuier, 2025

Alexandra Catiere, Hortensia Annabelle, 2025

Alexandra Catiere, Jeune arbre, 2025

Alexandra Catiere, Pin, 2025

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Bouquet | Alexandra Catiere | 2025

Lauréate du Prix Niépce Gens d’images 2026

Nous sommes très heureux de mettre à l’honneur Alexandra Catiere, lauréate du Prix Niépce Gens d’images 2026. Représentée par la galerie depuis 2014, l’artiste ne cesse de réfléchir au statut de l’empreinte, de la trace : « Quel type de trace laisserons-nous après nous ? Qu’est-ce qui survit aux accidents, aux modes, aux cycles de la vie, aux décennies, aux siècles ? Ces questions sont au cœur de ma démarche. »

Pensée comme une plongée au coeur de sa démarche artistique, cette exposition présente une vingtaine de tirages argentiques depuis ses premières séries à ses photographies récentes, témoignant de son cheminement et de son insatiable recherche.

« Je cherche à retrouver l’excitation des premiers photographes, cette joie de jouer, de dialoguer avec la lumière et la matière. Tout part de là. Je n’aime pas la photographie trop cérébrale ni trop abstraite. J’aurais pu décider d’enterrer des tirages comme les cornes de vaches, essayer de me réinventer totalement, mais ce n’est pas ma nature, je préfère raffiner ma propre pratique, la pousser toujours plus loin en restant moi-même. Je veux à tout prix conserver l’esprit du débutant, ce mélange d’angoisse et d’excitation. Pour moi, les idées naissent d’abord de la matière. Du travail. Parfois d’accidents, d’erreurs fécondes. C’est pourquoi j’aime énormément travailler à l’argentique. La création se passe en grande partie après la prise de vue, au moment du développement, du tirage. Dans la chambre noire, je teste des papiers différents, je peux ajouter de la terre sur les négatifs, comparer les encres, les textures, et faire naître les images. Je crée vraiment à cet instant-là.

(…) “Dialogue”, c’est le mot clé de mon travail. Je suis en contact avec le sujet et le moment mais aussi avec la chimie, la technique et tous les accidents qui peuvent arriver pendant la création. Mon rêve est de créer des images qui respirent, qui nourrissent le regard et nous amènent ailleurs.

(…) Pour moi, l’histoire n’est pas chronologique mais condensée en nous. Je ne cherche pas à figer l’instant présent, mais à révéler cette épaisseur du temps, cette accumulation invisible qui fait qu’un lieu respire encore longtemps après le passage de ceux qui l’ont habité.

(…) Ce qui m’intrigue dans la photographie, c’est comment la matière peut transformer la réalité, comment en utilisant l’appareil photo et la chimie, les objets deviennent d’autres choses, les œuvres vivent indépendamment. Je les appelle “peintures photogéniques ”.

(…) Le saut technologique que nous avons connu ces dernières années ne doit pas nous faire oublier la beauté originelle de notre pratique. Le besoin d’aller vers les gens, d’être présent dans le présent. Quand je réalise des portraits, je cherche à capturer l’étincelle de vie, le feu sacré, le « duende » comme on dit dans le flamenco. Je pense aussi au peintre italien Giorgio Morandi, qui cultivait cette forme majestueuse de simplicité, d’évidence. L’artiste vivait avec ses sœurs dans un petit village de Bologne. Quand ses pinceaux n’étaient plus utilisables, il ne les jetait pas : il les enterrait. La magie de ses natures mortes vient de là : de l’amour qui respire encore aujourd’hui sur la toile. Cette sincérité, cette sensibilité, j’espère moi aussi pouvoir les transmettre par la photographie. »

Alexandra Catiere